
Suite du journal posté sur les réseaux sociaux...
Voici un petit pavé dans la mare.
Voici mon analyse avec, bien sûr, mon côté frondeur en marge. Ma question coutumière : Qui a choisi ceux qui ont le droit de parler au pape ? Justement, une personne abusée (je n’aime pas dire victime) impliquée, que j’ai contactée, m’a dit que c’est une petite poignée d’évêques qui a établi la liste de ceux qui auront la possibilité de voir le pape. Le mot d’ordre : « Pas de vagues »… des modérés. Un choix feutré.
Voilà, on est déjà dans l’arène…ça grince.
Ma première réflexion : Pourquoi ne laisse-t-on pas les associations de personnes abusées désigner leur propre parole ? Cela aurait montré que l’Eglise accepte enfin de ne plus tout contrôler… mais voilà, on veut contrôler. C’est dans l’ADN de l’Eglise.
Quelque chose d’autre me taraude. Les personnes abusées qui vont être reçues seront-elles briefées ? Leur demandera-t-on… même subtilement… de rester dans un cadre convenu, d’éviter les sujets qui fâchent ? Un monseigneur va sûrement les conditionner… leur dire d’entrée de jeu que le pape est très au courant de la situation… qu’il a été touché quand les affaires ont éclaté… qu’il a rencontré des personnes abusées. Un Monsignore aura préparé au pape un dossier. On essayera de les endormir, à la limite de les endoctriner… N’oublions pas le mot d’ordre : « Pas de vagues ». On leur dira l’importance pastorale de cette visite en France. De tous ces pèlerins qui sont comme vous dans l’espérance… Et l’Eglise est très forte en la matière, avec ses atermoiements. Les personnes abusées… celles qui dérangent, qui interrogent le système sans accommodements, resteront dans la salle d’attente.
Mais au fait, que devient le collectif « Agir pour notre Eglise ? » qui était sous les feux de la rampe médiatique à la suite du rapport de la CIASE, dont la porte-parole, Catherine Boulanger, proposait des initiatives pour l’Eglise. Leur site n’a plus d’actualité… n’est plus mis à jour. Mais où sont les membres ? Catherine Boulanger disait sa crainte de voir le sujet tomber aux oubliettes… Visiblement, c’est le cas !
Ont-ils été contraints de fuir ou d’enfouir leur initiative ?
Concernant le pardon, voilà pour moi un sujet qui fâche… l’Eglise fait du forcing. Cette psychologie à deux balles qui met dans le même sac des querelles de famille, de voisins, avec des corps brisés. Certains arrivent à pardonner… toute mon admiration. D’autres n’y arriveront jamais… et je serai toujours là à leurs côtés. Je le dis et redis, le pardon n’est pas une condition préalable du bien-être… c’est de l’endoctrinement péremptoire. Ça y est, je vois les scuds à l’horizon. Une personne abusée peut se reconstruire, retrouver sa liberté et avancer dans son existence sans être contrainte de pardonner à celui qui l’a profondément blessée, voire, dans certains cas, anéantie. Tout le reste est de la littérature… espérant que la rencontre des personnes abusées n’en soit pas une.
Didier Antoine

